AES : Les avantages économiques du Mali suite à son retrait de la CEDEAO pour rejoindre l’Alliance des États du Sahel

Le 28 janvier 2024, le Mali a annoncé son retrait de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) aux côtés du Burkina Faso et du Niger, une décision motivée par des sanctions jugées injustes de la part de l’organisation, ainsi que par une divergence par rapport à ses idéaux fondateurs et une préoccupation croissante face à un assujettissement à des puissances étrangères. Cette sortie de la CEDEAO marque un tournant économique majeur pour le Mali, selon les déclarations du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.

Selon M. Sanou, le Mali perdait annuellement environ 120 milliards de FCFA en restant membre de la CEDEAO, principalement en raison de l’application du Tarif extérieur commun (TEC) et de la renonciation à certains droits de douane. Le ministre a souligné que ce manque à gagner représente une somme considérable pour le pays, qui pourrait être mieux utilisée pour stimuler la croissance économique et financer des projets de développement.

Lors d’une déclaration à la télévision publique malienne le 31 janvier 2024, Alousséni Sanou a affirmé que le départ du Mali de la CEDEAO entraînerait automatiquement une augmentation de son budget de 21 milliards de FCFA. Ces fonds supplémentaires pourraient être alloués à des secteurs clés tels que l’agriculture et l’énergie, offrant ainsi de nouvelles opportunités de croissance économique.

Le ministre a également mis en avant les avantages de l’adhésion à l’Alliance des États du Sahel (AES), créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger en septembre 2023. Cette alliance, formée dans le but de se défendre en cas d’attaque et de promouvoir le développement, offre un espace de 70 millions d’habitants avec un immense potentiel dans les secteurs de l’agriculture et de l’énergie.

Alousséni Sanou a souligné que le Mali possède des avantages comparatifs significatifs dans ces domaines et que le retrait de la CEDEAO permettra au pays de développer un marché intérieur robuste. En se détachant des contraintes imposées par le TEC et les droits de douane, le Mali sera en mesure de stimuler sa croissance économique à partir de son économie intérieure et de capitaliser sur les opportunités de développement au sein de l’Alliance des États du Sahel.

Le retrait du Mali de la CEDEAO pour rejoindre l’Alliance des États du Sahel semble être une décision stratégique visant à libérer le potentiel économique du pays et à favoriser une croissance durable.

>> Relire l’article Afrique de l’Ouest : La sortie de l’AES de la CEDEAO met en lumière l’emprise persistante des puissances étrangères

Adama SAWADOGO

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